En France, la loi n’impose pas systématiquement la souscription d’une assurance pour les exploitants agricoles, sauf dans certains cas spécifiques comme la responsabilité civile. Pourtant, les pertes financières liées à des sinistres non couverts peuvent dépasser largement les seuls dommages matériels.
L’assurance multirisque professionnelle reste méconnue ou mal comprise par une grande partie des exploitants. Entre obligations légales, dispositifs facultatifs et réalités du terrain, le choix s’avère plus complexe qu’il n’y paraît.
Pourquoi l’assurance est un enjeu majeur pour les exploitants agricoles aujourd’hui
Se protéger, pour un exploitant agricole, ne se résume plus à garder un œil sur ses cultures ou ses engins. Les aléas professionnels se multiplient : tempêtes, dégâts provoqués à autrui, blessures lors d’un accident de travail. L’incertitude des marchés et la pression constante sur les revenus rendent ces risques d’autant plus pesants. Dans ce contexte, s’assurer devient un réflexe de bon sens, loin des calculs abstraits.
Trois réalités rythment le quotidien agricole : responsabilité, risques, dommages. Un hangar parti en fumée, une intoxication alimentaire liée à une production, une collision d’engins : le choc économique peut être immédiat, parfois sans retour possible pour l’exploitation. La MSA insiste régulièrement : ne pas être suffisamment couvert, c’est exposer à la fois l’exploitant, ses proches et tout son outil de travail.
Voici les principales formes d’assurance à envisager :
- Assurance professionnelle : elle préserve les biens de l’exploitation et assure la continuité de l’activité.
- Assurances agricoles : elles couvrent bâtiments, récoltes, machines, mais aussi la responsabilité envers autrui.
- Souscrire une assurance : c’est anticiper des situations qui, sans filet, pourraient entraîner l’arrêt de l’activité.
Entre évolutions réglementaires et exigences accrues des partenaires, certaines protections sont devenues incontournables : la responsabilité civile, notamment, n’est plus optionnelle. Pour d’autres garanties, rien n’est imposé, mais négliger ces options revient à fragiliser l’ensemble de la chaîne productive.
Panorama des principales assurances agricoles : protections, spécificités et intérêts
Le champ des assurances agricoles dépasse largement la seule couverture des récoltes. Les exploitants font face à des risques variés : dégâts sur le matériel, sinistres sur les infrastructures, responsabilité en cas de préjudice causé à autrui.
- La multirisque professionnelle constitue le socle d’une protection efficace : elle englobe bâtiments, stocks, machines, jusqu’aux véhicules agricoles. La garantie dommages intervient lors de sinistres variés : incendie, tempête, explosion, mais aussi vol ou actes de vandalisme.
Impossible de faire l’impasse sur la responsabilité civile professionnelle. Un accident de tracteur, une blessure survenue à un salarié ou à un visiteur : chaque incident engage potentiellement la responsabilité de l’exploitant, avec des conséquences financières parfois très lourdes. L’assurance pour tracteur et autres véhicules agricoles complète la panoplie, particulièrement pour les trajets sur route. Sans elle, tout déplacement expose à des sanctions et à l’absence d’indemnisation en cas d’accident.
Pour affronter les imprévus économiques, la garantie perte d’exploitation prend le relais : si un sinistre immobilise l’exploitation, elle compense la baisse d’activité. Par exemple, après un incendie, les charges continuent de tomber : c’est là que l’assurance intervient. La protection juridique, quant à elle, couvre les frais en cas de litige avec un fournisseur ou un voisin.
Chaque contrat d’assurance propose des options : franchises, plafonds, garanties additionnelles. Adapter ces paramètres à la réalité de l’exploitation reste le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises.
Assurances obligatoires : ce que la loi impose à chaque exploitant
Impossible d’improviser sur la responsabilité civile professionnelle : chaque exploitant agricole doit être couvert pour les dommages causés à des tiers dans le cadre de son activité. Un animal qui s’échappe, un outil qui blesse un visiteur, un feu qui s’étend au champ voisin : autant d’exemples où l’exploitant doit répondre de ses actes. Cette assurance obligatoire protège le patrimoine de l’exploitant face à des demandes d’indemnisation parfois très lourdes.
La MSA gère la protection sociale agricole et impose l’ATEXA (assurance accidents du travail et maladies professionnelles). Elle intervient en cas d’accident en lien avec l’activité ou de maladie reconnue, pour l’exploitant, le conjoint collaborateur et toute personne participant régulièrement à l’exploitation.
Voici les principales protections légales à ne pas négliger :
- Assurance automobile : chaque véhicule à moteur, tracteur, moissonneuse, utilitaire, doit être assuré en responsabilité civile, qu’il circule ou non, s’il est en état de rouler.
- Assurance maladie et retraite complémentaire : via la MSA, chaque exploitant cotise pour bénéficier de la protection sociale de base : soins, indemnités, retraite complémentaire obligatoire.
La législation distingue clairement les protections imposées : responsabilité civile professionnelle, assurance automobile, protection sociale. Pour le reste, comme la perte d’exploitation, la multirisque ou la protection juridique, le choix appartient à l’exploitant. Mais se limiter au strict réglementaire, c’est s’exposer à de lourdes conséquences en cas de coup dur.
Comment choisir une assurance adaptée à son exploitation : conseils et points de vigilance
Avant toute signature, prenez le temps d’analyser la configuration et l’activité de votre exploitation. Un éleveur laitier, un maraîcher, un viticulteur : chacun présente des risques spécifiques, donc des besoins différents.
Le marché regorge de solutions : il existe plusieurs types d’offres à comparer soigneusement :
- assurance multirisque, responsabilité civile, garanties spécifiques contre les catastrophes naturelles, protection du matériel et des bâtiments, couverture du personnel…
Groupama, Abeille Assurances, Orus ou LegalPlace : chaque compagnie affiche ses atouts propres. Multipliez les devis pour affiner votre choix, ne vous contentez pas de la première offre reçue.
Optez pour un contrat ajusté à vos besoins. Pour cela, identifiez précisément vos risques :
- vol d’outils, perte de récolte, sinistre impliquant un engin, conflit avec un fournisseur.
Un courtier d’assurance peut vous accompagner dans le décryptage des exclusions, la négociation des tarifs ou l’ajustement du niveau de garantie. Soyez attentif aux franchises et aux plafonds, qui peuvent limiter la portée de la couverture.
Quelques points à surveiller lors de la souscription :
- Souscrire assurance multirisque : vérifiez que les capitaux assurés correspondent à la valeur réelle de vos biens agricoles.
- Assurer le matériel roulant : tracteurs, remorques, utilitaires : pensez à actualiser la couverture à chaque changement de parc.
- Garanties vie privée : certains contrats offrent une protection pour les accidents survenus en dehors de l’activité professionnelle.
Prendre conseil auprès des syndicats agricoles et écouter les retours d’expérience des pairs permet d’éviter bien des pièges. Après tout, la qualité d’un assureur se révèle pleinement quand un sinistre survient, même mineur. S’assurer en tant qu’exploitant, c’est cultiver la vigilance, anticiper le risque et garder la main sur l’avenir de son activité.


